![]() |
Français |
|
Chef d'équipe : José-Arturo Londono Vallejo
Consultez le rapport d'activité scientifique. (pdf 164Ko, mise à jour 4 mai 2007) Pour proliférer indéfiniment, les cellules cancéreuses doivent maintenir la longueur de leurs télomères. En interférant avec le mécanisme d'élongation télomérique dans ces cellules, on pourrait forcer l'arrêt de la prolifération cellulaire et stopper la progression de la tumeur. Comprendre les bases moléculaires de ces mécanismes peut conduire à l'identification de molécules d'intérêt thérapeutique. Les télomères sont des structures répétées, (TTAGGG)n chez tous les vertébrés, situées à la fin des chromosomes linéaires. Ils font partie d'une structure macromoléculaire appelée le télosome qui protège et assure la réplication complète des extrémités chromosomiques. La télomérase est un complexe ribonucléoprotéique qui possède une activité transcriptase reverse spécifique d'ARN et capable d'allonger l'extrémité 3' des chromosomes. Cette activité enzymatique est absente dans la plupart de cellules somatiques dans lesquelles le nombre de répétitions télomériques diminue avec chaque division cellulaire à cause du « end replication problem ». Lorsque la longueur télomérique atteint un certain seuil (différent selon le type cellualire), une sénescence mitotique est déclenchée dans la cellule, suggérant un rôle télomérique dans le contrôle de la prolifération cellulaire. Lors de la transformation cellulaire, ce blocage est levé et, en absence d'activité télomérase, le raccourcissement télomérique continue provoquant une instabilité génomique généralisée et la mort cellulaire. La réactivation de l'activité télomérase est le mécanisme le plus fréquemment utilisé par les cellules tumorales afin de re-stabiliser le génome et assurer une capacité illimitée de prolifération. Une faible proportion de tumeurs utilise des mécanimes alternatifs (ALT) pour maintenir leurs télomères. En fin, l'instabilité chromosomique est une caractéristique des cellules tumorales et pourrait concourir à la progression tumorale. Le dysfonctionnement télomérique, avant la réactivation de la télomérase ou en présence des mécanismes ALT, contribuerait à cette instabilité in vivo. Nous utilisons des modèles cellulaires cultivés in vitro pour étudier le métabolisme des télomères. Nous utilisons notamment la transgenèse et la microscopie pour déterminer les mécanismes moléculaires de réplication télomériques dépendant et indépendant de la télomérase. I. Polymorphisme de longueur télomérique et son impact dans l'évolution caryotypique des tumeursPour être fonctionnel, un télomère doit posséder une taille minimale et la présence de protéines de « capping », dont plusieurs ont été identifiées. La plupart de ces protéines sont exprimées de façon constitutive et sont nécessaires pour la protection, stabilité, la réplication et l'élongation des télomères par la télomérase. Chez l'homme, les longueurs télomériques des chromosomes individuels dans les cellules comatiques sont très hétérogènes. L'utilisation de techniques de Q-FISH nous a permis de mesurer la longueur de télomères individuels et de montrer que des variations alléliques existent. Ces polymorphismes sont définis dans le zygote et maintenus tout au long de la vie. Lorsqu'une cellule est transformée et que ces télomères raccourcissent de façon exagérée, les extrémités chromosomiques deviennent instables, fusiones les unes avec les autres et déclenchent des cycles de cassure-fusion. In vitro, nous avons pu montrer que les extrémités chromosomiques qui portaient auparavant les télomères les plus courts sont les premières à subir des cycles de cassure-fusion. Ceci suggère que la distribution des longueurs télomériques dans une cellule est une variable importante déterminant qualitativement la façon dont le caryotype évolue dans les cellules cancéreuses, du moins pendant les premiers stades de la transformation tumorale. Puisque la distribution de longueurs télomériques est propre à chaque individu, il est concevable que le risque pour une extrémité chromosomique de devenir instable à cause d'un raccourcissement télomérique exagéré varie entre individus. Notre travail vise à présent l'identification de facteurs génétiques qui définissent les polymorphismes de longueurs télomériques chez l'homme et déterminer l'impact de ces polymorphismes sur l'évolution caryotypique dces tumeurs in vivo. II. Mécanismes alternatifs de maintenance des télomèresUn certain pourcentage de tumeurs chez l'homme utilise des mécanismes alternatifs pour la maintenance de leurs télomères. Les mécanismes ALT semblent impliquer des réactions de recombinaison homologue ou homéologue dans lesquelles un télomère est utilisé comme matrice pour l'élongation d'une autre extrémité télomérique. L'évidence de l'utilisation de ALT par certaines tumeurs in vivo est basée sur la détection, à l'examen histologique, des longueurs télomériques extrêmement hétérogènes et la présence de corps d'inclusion spécialisés, les APB. Avec l'intention initiale de développer un test plus spécifique d'activité ALT, nous avons appliqué des techniques de CO-FISH (chromosome oriented FISH) aux télomères. A cause de leur composition asymétrique, chaque brin est identifié séparément sur des chromatides sœurs différentes. Dans toutes les cellules ALT examinées jusqu'à aujourd'hui un pourcentage variable d'extrémités chromatidiques présente une co-localisation de signaux indiquant que des échanges ont eu lieu. Ces échanges ont probablement lieu entre chromatides sœurs (T-SCE), uniquement au niveau télomérique, et ne sont jamais ou rarement observés dans les cellules non ALT. Les T-SCEs pourraient correspondre à une réaction accessoire de la réaction de recombinaison d'allongement télomérique ou la conséquence d'une réponse de dommage à l'ADN déclenchée par des télomères déprotégés (« uncapped »). Nous allons aborder l'étude des mécanismes impliqués dans la dérépression de T-SCEs et des voies de signalisation impliquées dans les réponses aux dommages d'ADN dans les cellules ALT. À l'avenir, nous allons étudier l'impact de l'instabilité télomérique sur la progression tumorale et notamment son impact dans les profils d'expression de microRNAs. Nous allons aussi étudier les relations entre l'instabilité télomérique et les modifications dans le paysage épigénétique des celllules transformées. Dernière mise à jour : novembre 2008 Publications clés2010
2009
2008
2007
2006
2005
|
||||||||||||||||
La lutte contre le cancer - Fondation créée par Marie Curie, l'Institut Curie vous présente curie.fr, site d'information et de présentation de ses activités en tant que fondation, Centre de Recherche contre le cancer et Hôpital.
L'Institut Curie a pour mission la recherche, le diagnostic et le traitement contre le cancer. Découvrez les départements médicaux de chimiothérapie, de radiothérapie et de chirurgie des cancers mais aussi l'histoire de la curiethérapie de la prostate. Trouvez des informations sur les traitements du cancer du sein, du cancer de l'oeil, les cancers chez l'enfant, les sarcomes, les équipes soignantes et les laboratoires de recherche.
Pour faire un legs ou un don en ligne contre le cancer : curie.fr