Si ces dernières années ont vu l'avènement du séquençage du génome humain, l'heure est maintenant à l'analyse de l'ensemble de ces gènes et de leur fonction. Cette étape nécessite l'utilisation d'outils extrêmement performants. L'Institut Curie a donc mis à disposition de toutes ses unités de recherche des plates-formes technologiques d'imagerie scientifique, de génomique, de protéomique et de bioinformatique qui devraient participer à améliorer le diagnostic, le traitement des cancers et le suivi des patients. L'alliance de la génomique, de la protéomique et de la bioinformatique dessine les contours d'une médecine innovante qui fera passer progressivement la prise en charge des cancers, du “prêt-à-porter” actuel vers le “sur mesure”.
- Bioinformatique
Avec le progrès des techniques d'analyse, les données sur le génome et les protéines augmentent de façon exponentielle. Pour pouvoir exploiter utilement ces données considérables, elles doivent être analysées, comparées et archivées. C'est l'objet de la bioinformatique. Regroupant les compétences d'ingénieurs, de physiciens et de mathématiciens, la plate-forme de bioinformatique de l'Institut Curie permet l'analyse des données cliniques (issues des dossiers médicaux et de la tumorothèque) et biologiques (fournies par les puces). La bioinformatique offre aux chercheurs et aux médecins les outils informatiques indispensables pour traiter, organiser et présenter visuellement les données de plus en plus nombreuses dont ils disposent.
- Criblage cellulaire à haut débit
La Plate-forme Biophenics de criblage cellulaire automatisée et à haut débit utilise des algorithmes d’analyse d’images pour quantifier, au niveau cellulaire, les effets de la perturbation de l’expression de certains gènes. Cette technologie permet d’identifier des cibles moléculaires pour la recherche pharmacologique et des médicaments candidats susceptibles d’être plus efficaces contre les cancers et moins toxiques pour l’organisme.
- Cytométrie - Analyse et tri cellulaires
La cytométrie en flux permet de mesurer la fluorescence ou la lumière diffractée d'un grand nombre de particules à haute vitesse telles que des cellules, billes, bactéries, levures ou organites. À l'Institut Curie, la cytométrie en flux est principalement utilisée pour quantifier de multiples marqueurs sur des cellules avec la possibilité de trier simultanément plusieurs sous-populations d'intérêt.
- Expérimentation in vivo et investigation pré-clinique
- L’expérimentation in vivo, complémentaire à l’expérimentation in vitro (en laboratoire), est souvent nécessaire afin d’identifier de nouvelles cibles cancéreuses et imaginer des modalités thérapeutiques.
- Le Laboratoire d’investigation pré-clinique a pour mission du d’évaluer l’efficacité de traitements anti-cancéreux innovants et sélectionne les meilleurs d’entre eux avant d’être l’objet d’essais cliniques. Complémentaires aux criblages réalisés par l’industrie pharmaceutique, ces recherches permettent d’optimiser les effets de médicaments potentiels et de prédire leurs effets d’association thérapeutiques.
- Génomique
- Des équipements de génomique et d’analyse cytogénétique tels CGH-array, SNP-array, biopuces à haute densité… sont utilisés pour rechercher un profil d'anomalies spécifiques de tumeurs, en complément du développement d’outils bioinformatiques spécifiques.
- La Plate-forme Affymetrix de biologie moléculaire utilise des puces à ADN pour analyser l'expression des gènes dans une cellule donnée. Ces données, comparées à celles issues de cellules normales, permettent de mieux classer et diagnostiquer les cancers et ainsi de prévoir plus précisément leur réponse au traitement.
- La Plate-forme de séquençage de haut débit installée en 2009 est capable de séquencer l’équivalent d’un génome humain par semaine. Identifier les variations simples de séquences génétiques ou les remaniements chromosomiques plus complexes de nature constitutive ou tumorale, cartographier les zones de fixation protéiques ou de modification de la chromatine, ou encore identifier les petits ARN régulateurs sont les premières finalités de cette plate-forme également mise à disposition de chercheurs d’autres centre de recherche.
- Imagerie cellulaire et moléculaire
Plusieurs plateaux techniques et plates-formes technologiques proposent des formations, des savoir-faire en imagerie cellulaire et moléculaire ainsi que le développement de logiciels spécifiques. Des microscopes couplés à des ordinateurs de pointe sont ainsi à disposition des chercheurs de l’Institut Curie tandis que certains équipements sont mis à disposition de chercheurs d’autres centres de recherche.
- Protéomique
- Le Laboratoire de spectrométrie de masse protéomique est impliqué dans de nombreux projets pour l'étude du protéome. Son rôle est d'identifier et/ou caractériser les protéines d'intérêts ainsi que les modifications post-traductionnelles et ceci par spectrométrie de masse après séparation par SDS PAGE, gels 2D et chromatographie liquide.
- La Plate-forme de puces protéiques en phase réverse (RPPA) utilise la technologie innovante RPPA qui consiste à déposer à l'aide d'un robot des échantillons biologiques en très faible quantité pour analyser les protéines avec des anticorps très spécifiques. Dotée d’une gamme de plus de 120 anticorps, la plate-forme de puces protéiques en phase réverse permet d’étudier la plupart des voies de signalisation cellulaire connues à ce jour.